PARTAGE DE :CHRISTIAN!!!

,Bonjour les AAmis
Je m'appelle Christian et je suis alcoolique, abstinent aujourd'hui et depuis quelques 24 heures.

J'habite du côté de STRASBOURG, en FRANCE. J'ai 38 ans.

Mon parcours dans l'alcool fut relativement bref, mais intense. Je n'ai jamais pu déterminer à quel moment mon alcool est devenu un problème, 2 ans, 3 ans avant d'arrêter ?

En tout cas, je suis allé consulter un médecin 10 mois avant de poser le verre. Celui ci m'a prescrit des calmants et anxiolytiques, à prendre sans boire d'alcool ! Moi j'ai continué à boire et pris les médicaments en même temps. A partir de ce moment là, mon cerveau a disjoncté. J'ai commencé à être ivre 24H sur 24 et à boire des quantités astronomiques : je n'étais plus maître de ma vie. Pendant ces 10 mois, j'ai été hospitalisé 7 fois, j'ai été interné en psychiatrie, j'ai pris l'avion pour fuir à l'autre bout du monde, j'ai fait une cure et malgré tout cela, malgré les médecins qui ne comprenaient pas comment j'étais encore en vie avec les doses d'alcool que j'absorbais, je n'ai pas réussi à poser le verre...

Le 2 avril 1994, jour de mon anniversaire, j'ai décidé d'en finir et de crever le plus vite possible dans l'alcool. Plus de raisons alors de boire en cachette
pour préserver mon statut social (je suis chef d'entreprise) et je décidais d'aller boire avec d'autres ivrognes. On m'avait dit que les poivrots se réunissaient pour boire ensemble dans une association qui s'appelle les AA. Je suis parti le 5 avril au soir, bien éméché déjà pour aller boire avec ces gens là.
Le piège
Le lieu de réunion se trouvait au centre d'une petite ville avec au moins 5 bistrots dans un rayon de 200 mètres : aucun risque d'approvisionnement.

J'ai suivi des flèches bleues placardées au mur, poussé une porte sordide et grinçante, traversé un couloir mal illuminé par des néons blafards pour frapper à une autre porte. Je tremblais de peur et la sueur coulait de mon front lorsque je poussais cette porte. Dans la salle une odeur de café flottait. Mais déjà une main se tendait vers moi : " sois le bienvenu parmi nous... " Là j'ai flairé le piège, la table n'offrait que du café et de l'eau et les visages étaient souriants, heureux, pas du tout ce visage boursouflés, ces yeux fatigués que j'étais habitué à voir dans ma glace le matin. Et puis il y avait ces livres qu'il serraient dans leur main tel le naufragé qui s'accroche à son bout de bois pour ne pas couler.
Oui c'est bien un piège, ces gens là n'ont rien à voir avec moi l'alcoolique, j'étais encore une fois seul et unique dans mon cas.

Assemblée de médecins ? Assistants sociaux ? Prêtres (il y avait un truc au mur qui commençait par " Mon Dieu. ") Je ne savais pas dans quel piège j'étais tombé.

En tout cas, j'ai été invité à m'asseoir et je l'ai fait. Pourquoi, dans ce milieu hostile? je ne sais pas, mais je me suis assis. Petit à petit, je me suis senti une grande paix intérieure, j'ai ressenti une vague de chaleur douce envahir tout mon corps, j'ai ressenti un bien être que je n'avais plus connu depuis des années, je me suis senti protégé par une force quelconque.

Et puis, ils se sont mis à parler, à raconter chacun son parcoure personnel et tout ce qu'ils racontaient jusqu'au moment ou ils ont posé le verre correspondait entièrement à mon histoire. C'était ma vie que chacun, avec ses mots propres à raconté.

Et puis ils ont aussi raconté ce qui s'est passé quand ils ont rencontré les AA, et surtout ce qui s'est passé depuis ce moment ou ils ont alors posé le verre. J'ai eu une envie folle de vivre ça aussi, comme eux l'avaient vécu.

Depuis ce soir là, depuis ce moment là, j'ai eu un cadeau formidable qui est de ne plus jamais avoir eu soif. J'ai eu ce cadeau de la sobriété pour lequel je suis reconnaissant pour l'éternel aux AA et à ma puissance supérieure (24 heures à la fois).

Depuis ce soir là j'ai découvert que je pouvais parler en étant honnête, que je pouvais me taire sans avoir besoin pour cela d'être vexé, fâché ou honteux, j'ai découvert que je pouvais aimer sans attendre en retour, que je pouvais pardonner, que je pouvais m'abstenir de critiquer, juger, haïr, ................à condition de le vouloir en faisant pour cela le travail spirituel nécessaire.

Les AA m'en ont donné les outils.

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