Témoignage de Raphaël

Mon nom est Raphaël et je suis alcoolique.
Le 9 Avril 1990, après une vie de souffrance et ayant tout perdu,(Propriétés, Argent, Femme et Enfant que j'avais laissé au Brésil après mes deux dernières années de boisson sans arrêt) je me rendais, 10 mois après mon retour dans ma ville natale de Barcelone, sans beaucoup d'espoir soit dit en passant, à ma première réunion AA.

Sans espoir mais avec un sentiment de honte, très coupable, pensant de moi même que j'étais un misérable

J'ai trouvé à cette réunion des gens qui m'ont dit : que je ne buvais pas parce que j'avais des problèmes mais que j'avais des problèmes parce que je buvais, que c'était la boisson qui me faisait mal, et que l'alcoolisme est une maladie, que mon problème n'était pas dans la bouteille mais dans moi même, et qu'ils avaient un programme de 12 étapes pour apprendre à vivre heureux, et que si j'apprenais à être heureux bien avec moi même, je n'aurais pas besoin de boire. 
Ils m'ont dit aussi que le problème était dans moi, il faudrait que je me change moi même
et que pour apprendre ça, j'aurais toujours besoin d'aide.

Si je la leur demandais, les AA seraient là prêts a partager avec moi leur expérience, et que je ne serais plus jamais seul, si je le souhaitais.
Ils m'ont posé deux questions:
- si je croyais que je pouvais rester 24 heures sans boire ?.

J'ai répondu oui; car ce jour là, de honte d'aller trouver les alcooliques, mon orgueil m'avait permis de ne pas boire.

- si je n'avais pas juré au moins une fois dans ma vie que je n'allais plus jamais boire d'alcool ?

Ma réponse a été oui. Plusieurs fois déjà, hélas toujours sans succès.
Alors ils m'ont dit : la première chose que tu peux commencer à changer
est ceci : nous te proposons de vivre sans boire les prochaines 24 heures.

Alors avec la tête claire, libérée de l'obsession, tu pourras venir a nos réunions et comprendre comment nous faisons.  Même si tu ne tiens pas le coup, reviens.

Si tu veux vraiment arrêter de boire ce n'est plus ton problème à toi tout seul. C'est notre problème commun.
Je ne sais pas combien de choses de plus j'ai entendu dire mais je les entendais me raconter ma vie, mes échecs, mes peurs, mes hontes, mes obsessions à travers leurs vies à eux..
Pour la première fois dans ma vie, moi, le différent, celui qui se sentait toujours étranger parmi les hommes, j'ai senti que j'étais parmi les miens, que je faisais partie, qu'ils parlait de mon alcoolisme parce que ils avaient vécu les mêmes souffrances.
Aujourd'hui, je sais que ce sentiment d'identification m'a permis de commencer à développer bien avant de pouvoir la comprendre, la foi envers une puissance supérieure, moi le mécréant, il m'a permis de croire, que pour moi aussi, contre l'évidence de toute ma vie, il y avait peut être un vrai espoir de m'en sortir.

Ils avaient quelque chose et je voulais (il me fallait plutôt) ce qu'ils avaient.
Depuis ce jour  ce sentiment ne m'a plus abandonné et, merveille, je n'ai plus eu soif.
Les AA ont aussi tenu leurs promesses et toujours lorsque j'en ai eu besoin, ils ont été à mon coté,  j'ai décidé de rester en AA et ma vie a changé.  Je n'ai pas eu honte de demander leur aide et avec elle les changements nécessaires à mon bonheur ont été bien plus faciles que je ne l'aurais jamais pensé.
J'habite maintenant aux Iles Canaries (Canary Islands) où j'assiste a mes réunions.  Et la semaine prochaine je vais me rendre à Barcelone où le lundi à une réunion au groupe où j'ai assisté à ma  première réunion, je vais partager mon expérience et souffler les onze bougies de mes onze années sans boire.

Si on me l'avait dit je ne l'aurais peut être jamais cru !

Raphaël

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